Toi, toi mon toit

Conceptualisés dans l’optique d’une architecture durable et orientés vers l’avenir, les toits et terrasses végétalisés contribuent à renforcer la biodiversité urbaine. Nous en présentons ici les avantages écologiques sans omettre les opportunités économiques.

Niwaki en scène vue de la véranda

Extensive, intensive, potagère ou encore simplement arborisée ou fleurie ; une toiture à l’instar d’une terrasse végétalisée peut être imaginée à l’infini pour autant que l’angle du pan du toit ne dépasse pas les 35°… Jusque-là, le plus dur est d’effacer nos barrières du possible et se laisser guider par notre coeur, par notre âme.

Culture intensive versus culture extensive

Eclaircissons au moins ces deux notions du jargon des experts et tâchons de définir, non pas ce qu’est un toit ou une terrasse végétalisé mais ce qui se cache derrière les termes de culture extensive et intensive.

Une alternative verte

La végétalisation extensive d’un toit est une alternative écologique d’une protection traditionnelle des surfaces ; cela permet par exemple de remplacer le gravier par un espace végétal restant tout aussi facile à entretenir et peu coûteux. Nous pouvons utiliser, dans le cadre d’une végétalisation extensive, des mélanges de plantes telles que nous les rencontrons dans la nature dans les mêmes conditions climatiques (vent, niveau hydrique, ensoleillement et exposition, etc.). La croissance des végétaux ne nécessite quasiment aucune intervention humaine. Généralement, un à deux contrôles d’entretien par année sont suffisants.

Bouleaux et rodho sur toit végétalisé

Toi, mon jardin sur mon toit

La végétalisation intensive d’une toiture est comparable à la création d’un jardin écologique traditionnel en pleine terre à la différence près qu’il se situe sur une surface q

ui n’était pas exploitée voire inexploitable. Pratiquement, toutes les plantes peuvent être aménagées sur une toiture selon les hauteurs de terre. Par ailleurs, nous ne nous limitons pas à la végétalisation mais créons aussi des pièces d’eau ou associons la production d’énergie solaire grâce au photovoltaïque.

Dans la nature, les racines des plantes poussent à la profondeur nécessaire et disposent naturellement d’eau et de substances nutritives. A l’inverse, sur une terrasse et un toit, les plantes sont « coupées » du cycle naturel. Les systèmes de végétalisation utilisés compensent alors ce cycle et créent un espace de vie durable pour diverses formes de végétation.

 

Les multiples avantages d’une végétalisation de qualité

Avantages écologiques
  • Rétention de l’eau. Les toitures végétalisées retiennent entre 50 à 90 % des eaux de pluie. La plus grande partie s’évapore et permet l’utilisation de canalisations, de conduites et bassins à débordement plus petits. Les risques d’inondation sont ainsi amoindris et soulagent les réseaux de canalisation.

 

  • Meilleure isolation thermique. L’amélioration du confort thermique, en particulier avec une végétalisation isolante. Meilleure isolation phonique. Les toits verts permettent une réduction de la réflexion acoustique allant jusqu’à 3dB et une amélioration de l’isolation phonique jusqu’à 8dB.

 

  • Développement de la biodiversité urbaine. La végétalisation des toits permet encore de compenser la perte de grandes surfaces vertes éliminées par les constructions. La végétalisation extensive, en particulier riches en espèces végétales, offre alors de nombreuses possibilités pour rétablir un équilibre perdu. Pour aller plus loin, la biodiversité peut être renforcée par l’installation d’hôtels à insectes ou de ruches et abeilles.

 

  • Amélioration du microclimat. Les toits verts permettent d’humidifier l’air et contribuent à abaisser la température des villes. Par ailleurs, les plantes filtrent les substances nocives présentent dans l’air, dans les eaux de pluie et contribuent à l’amélioration du climeat des zones urbaines.

 

  • A noter que la Direction générale de l’aménagement de la nature de l’Etat de Genève collabore aux démarches participatives visant à l’augmentation de la biodiversité.
Avantages économiques
  • Abattement jusqu’à 90% de la taxe d’assainissement des eaux, dans certains cantons. Pour le canton de Genève, nous devons nous référer au Règlement relatif aux taxes d’assainissement des eaux (RTAss) et au Règlement d’application de la loi sur la biodiversité (RBio).

 

  • Les systèmes de climatisation fonctionnent beaucoup plus économiquement en raison d’un moindre réchauffement de la dalle et contribuent ainsi à réduire les coûts énergétiques.

 

 

  • Les entretiens sont peu onéreux et réduisent à une voire deux interventions par année pour une végétalisation extensive. Concernant les végétalisations intensives d’une terrasse ou d’un toit, les entretiens devront être plus régulier en fonction des plantes choisies.

 

 

  • Allongement de la durée de vie des toitures et terrasses. En effet, l’étanchéité se trouvant sous la végétation, celle-ci est efficacement protégée du rayonnement des UV, de la chaleur et du froid, de la grêle et contribuent ainsi à rallonger la durée de vie de l’étanchéité.

 

  • Une meilleure utilisation du terrain puisque le toit vert fait partie de la surface verte définie dans le plan d’occupation des sols. Il est également possible d’utiliser les toitures de manière très variée d’un site naturel protégé aux jardins calmes et reposants, en passant par des cafés ou aires de jeux sans avoir à recourir à des terrains onéreux et rares.

 

J’avoue qu’il m’est difficile d’énumérer les inconvénients d’une toiture verte, toutefois, notons que certaines plantes sont allergènes comme, par exemple, le bouleau mais ne suffirait-il simplement de ne pas le sélectionner dans le plan de plantation ? Nous pourrions relever également que des insectes vont s’installer dans cet espace mais pour y créer un biotope et trouver un équilibre naturel ; non envahissants, ils sont le pendant de notre équilibre.

 

Terrasse végétalisée à la Chaux-de-Fonds