La processionnaire du pin

C’est la chenille qui se prépare…

Bien que l’État de Genève n’a pas légiféré au niveau cantonal, l’affaire de “Baccarat”, le petit teckel qui a eu la mauvaise idée de lécher des chenilles processionnaires du pin dans le parc de Budé (GE) en avril 2014 -lematin.ch du 5 mai 2014 par Valérie Duby- n’est tout-de-même pas restée vaine. Les communes genevoises ont, pour certaines, rendu le traitement (l’enlèvement et la destruction) des nids de chenilles processionnaires du pin, obligatoire.

Pourtant la chenille processionnaire du pin est un insecte dangereux pour les humains et les animaux domestiques. Sur le site de la Ville de Genève (http://www.ville-geneve.ch/themes/environnement-urbain-espaces-verts/espaces-verts/chenille-processionnaires/), il est stipulé que chaque propriétaire d’arbres est tenu de procéder, à sa charge, à l’enlèvement et à la destruction des nids de chenilles processionnaires.

 

La chenille part toujours à l’heure…

La processionnaire du pin -Thaumetopoea pityocampa- est en fait un papillon de nuit mais surtout connu pour ses chenilles. Dites processionnaires car les chenilles ont opté pour un mode de déplacement en file indienne.

Elles se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pins et s’abritent dans ceux-ci. Dans l’ordre privilégié par les femelles pour assurer la ponte, on cite le pin d’Autriche, le pin maritime, le pin sylvestre et le pin d’Alep ; des cèdres et d’autres conifères peuvent également être colonisés. En Suisse, elles sont principalement présentes dans la région lémanique, en vallée du Rhône ainsi qu’au sud des Alpes.

En milieu urbain, elles représentent un nuisibles dangereux pour les humains et les animaux domestiques. Lorsque les chenilles se sentent menacées, elles projettent en l’air leurs micro-poils qui composent leur appareil urticant. Cette infinité de minuscules dards empoisonnés provoquent chez l’Homme des démangeaisons parfois aux conséquences graves. Pour les animaux domestiques -chiens, chats, lapins,…- l’effet est dévastateur.

Prenons l’exemple de Baccarat, s’approchant des processionnaires en fil indienne, elles projettent les micro-dards empoisonnés sur le pelage du chien qui, par démangeaison, se lèche… Les micro-poils se plantent dans sa langue et en se brisant libèrent le poison urticant. Il risque la nécrose s’il n’est pas pris en charge rapidement et traité par de fortes doses de cortisone.

 

ATTENTION : NE JAMAIS TOUCHER UN NIDS DE CHENILLES MÊME VIDE ET MÊME APRÈS PLUSIEURS ANNÉES CAR LES MICRO-POILS RESTENT ACTIFS TRÈS LONGTEMPS !

 

C’est la chenille qui redémarre…

L’été et le début de l’automne est la période du vol du papillon, de sa reproduction et de la ponte. On peut tenter de piéger les papillons avant la ponte ou piéger les chenilles lorsqu’elles descendent le long des troncs. Après l’éclosion des oeufs par les femelles installées dans les pins (environ 200 à 250 oeufs par individu), la nidification débute et se poursuit jusqu’au mois de février-mars.

Il est alors temps de procéder à l’enlèvement des nids et à leur destruction avant que les chenilles se mettent en procession dès la fin mars – début avril et descendent au sol… puis le cycle redémarre.

A voir et à lire : le cycle de la processionnaire du pin.

La lutte mécanique ou l’échenillage

Des études sur la prédation par la mésange, le coucou ou la huppe fasciée sont conduites en France et en Belgique notamment et, il semblerait que ces oiseaux chassent les papillons (la mésange semble s’attaquer également au nid) et agissent comme des régulateurs naturels des populations de processionnaires.

En attendant, la méthode qui semble être la moins invasive pour les arbres de nos parcs et jardins demeure le traitement mécanique ; l’échenillage.

L’échenillage consiste à repérer les nids de chenilles depuis le sol et guider l’arboriste-grimpeur dans l’arbre. L’arboriste coupe le rameau de la branche où se trouve le nid de chenilles à l’aide de l’échenilloir. Les nids rassemblés sont incinérés afin de s’assurer de la non-prolifération des chenilles.

La méthode mécanique présente l’avantage de ne pas utiliser ni de traitement chimique ni de piège chimique. C’est une méthode douce pour les arbres, peu onéreuse et surtout écologique.

Notons que des expériences ont montré que l’odeur du bouleau a un effet répulsif sur la processionnaire du pin.

 

Pour pas qu’la chenille déraille…

  • repérez les nids.

Il est nettement plus évident de repérer les nids de chenilles processionnaires du pin dans un arbre par beau temps. Les nids sont constitués de fils de soie et forment une boule blanche à l’extrémité des branches. Souvent tournés vers le sud, le nid emmagasine la chaleur du soleil dont les larves ont besoin pour se développer.

 

Il n’en reste pas moins vrai qu’il est très difficile pour un oeil non averti de distinguer les cocons des processionnaires du pin.

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